Malone et Mattis

Parce que nous ne nous sentions pas une famille complète, nous avons décidé de retenter notre chance et d’essayer d’avoir un troisième enfant. Je me trouvais ambitieuse mais nous avons retenté la nature.

Aprés quelques mois, les règles ne viennent pas, le test est positif…

Des prises de sang, un médecin, une écho de datation…

Deux sacs

« You have twins »

Du bonheur au stress

Du stress au bonheur

On se projète doucement. On parle porte bébés pour jumeaux, réarrangement de chambres…

On se réjouit.

Je fais la prise de sang. Le tri test.

Le 1er août 2016: Le gène de la trisomie 21 apparaît.

Un ou les deux jumeaux ont un risque élevé de trisomie 21.

« Personne ne touchera à mon ventre, à mes bébés. »

Mais nous avons peur. Nous décidons de savoir. A l’échographie suivante, la clarté nuccale du « twin A » est trop épaisse. Le 8 août, le Dr procède à une CVS. Le « twin B » est mal placé, il n’arrive pas à prélever son placenta. Le « twin A » est mieux placé. Il est confirmé positif 2 jours après.

Processus de décision.

On est à 12 semaines.

Après beaucoup de larmes et de nuits blanches pour moi surtout, on a décidé d’interrompre le foetus malade à 13 semaines. Après beaucoup de réflexions, l’idée que mon bébé aie une vie remplie de challenges dès sa naissance dans ce monde finalement assez cruel me paraissait me parait encore vraiement cruel justement, de mettre au monde un enfant moins « aimable » me déchirait. Moi pas de doutes, je l’aimais déjà mais les autres en dehors de chez nous… Ensuite un bébé handicapé demande beaucoup et 4 enfants c’est beaucoup… Comment rester disponible pour les autres enfants? Déjà durant cette période, j’étais moins disponible pour Sacha et Jonas et j’ai vu la différence…

Nous avons décidé de terminer le « twin A ». De l’écrire,  les larmes montent encore.

Le 15 août à 14h07, le coeur de Malone s’est aretté.

Beaucoup de larmes, beaucoup de remises en question. Encore maintenant des larmes.

Le « twin B » est resté, il a grandi. La grossesse multiple s’est transformée en grossesse « normale ». Consultation chez une psychologue. Sage femme très à l’écoute. Beaucoup d’échographies.

A 40 semaines et 4 jours, Mattis est né.

A partir de mi février, des contractions par ci par là sans réelle suite. Beaucoup de fausses alertes.

Le 20 février: Date du terme

Le 23 février: Rendez-vous sage femme. Dilatation zéro

Le 24 février:

Minuit. Des contractions toutes les 15 minutes. A 3h, tout s’arette.

Tout le matin: contractions très douloureuses et plus rien. Difficile de me coucher. Il est postérieur et les contractions sont plus gérables sur les genoux.

15h: Une contraction qui dure 30 minutes. Mon monsieur s’inquiète, apelle l’hopital. On y va. Dans la voiture plus rien. Ensuite des contractions douloureuses mais espacées. Le coeur du bébé bat un peu vite. On me met une perfusion pour l’hydrater.

17h45: Téléphone avec Sacha et Jonas. Je les embrasse. On leur explique que le bébé va sortir.

18h: Contrôle du col. Il est ouvert à 8 cm. « Et ma péridurale??? » Je fonds en larmes. On me donne les antibiotiques pour le GBS. On me donne le gaz hilarant. Mon monsieur me masse à chaque contraction. La sage femme regarde régulièrement où est la tête. Finalement après beaucoup de cris,  la perte des eaux, du sang partout, toujours sur les genoux, je me tourne, me mets sur le dos (mon corps est fatigué),  les sages femmes me disent: « Listen to your body ». Et un peu plus tard, le bébé sort. Finalement. Il crie. On me le donne. Il est sur moi.

Mattis, né le 24 février 2017 à 19h47.

Peu après, le placenta est sorti lui aussi. Les sages femmes me montrent ce qui pourrait être le sac de Malone. On ne voit pas grand chose. Nous avons mon placenta à la maison et nous devons encore décider quoi en faire.

Malone, 15 août 2016 à 14h07.

Malone et Mattis.

 

 

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Jonas

Au rendez-vous chez mon médecin 6 semaines après l’accouchement de Sacha, il m’a demandé si je voulais parler contraception. J’ai rigolé…

8 mois après, mes règles se font attendre, et attendre.

Seule, mon monsieur est en Europe pour le travail, je suis en Australie, je me décide à tester.

Je suis enceinte.

Bonheur. Panique.

Il se fait bien sentir, le ventre est plus gros… Il est bien présent.

En siège à 32 semaines, il se retourne de lui même… le temps d’une petite heure de contractions…

5 jours après le terme, mon petit se manifeste. De lui-même.

Je me réveille avec des douleurs de règle, je demande son programme au travail à mon monsieur au cas où.

Midi, Sacha vient de s’endormir pour la sieste. Les contractions commencent, douces. Je perds le bouchon muqueux. Mon amoureux rentre a 14h pour s’occuper de Sacha. A sa demande, j’apelle l’hopital. « Les contractions sont douces et irrégulières, rappelez quand elles sont fortes et régulières. »

19h. Je mets Sacha au lit. Les contractions sont encore irrégulières (entre 5, 7,10 minutes) mais très fortes. Je rapelle l’hopital. « tant que la douleur est gérable, restez à la maison. »

Mon monsieur apelle sa mère pour garder Sacha. Elle arrive vers 20h. Les contractions sont de plus en plus fortes, et toutes les 5 min. Je me mets à genoux pour chacune et mon amoureux me masse le bas du dos. Je rapelle la maternité, je veux venir maintenant, je ne veux pas accoucher dans la voiture! »

21h. Départ

21h20. Arrivée

Trajet difficile, trop de contractions. Suis pliée par terre.

21h30 environ. On a une chambre. Je vais aux toilettes, il y a du sang. La sage femme organise l’appareil pour mesurer le coeur du bébé. Tout se fait lentement.

Mon monsieur doit aller parquer la voiture, je ne veux pas être seule. Il y va en courant lorsque la sage femme me mesure la pression. Je demande à la sage femme de ne pas me laisser seule. Elle reste, m’aide à me relaxer 2 fois. Mon monsieur revient. Elle me dit de « let go ». J’ai mal. Il n’y a plus de pause! Pourquoi? « because you’re gonna have your baby. » « NO! » tout fait trop mal, ça me brûle en plus des contractions… je hurle, pousse la sage femme, bouffe le tuyau du gaz hilarant. Mon monsieur me tient pour que je me tombe pas. La sage femme me demande de l’écouter, elle et mon monsieur. J’essaye, je me calme, j’essaye de ne pas pousser tout le temps…Ca brûle! Ca fait horriblememt mal!

22h19. Il sort et hurle.

Délivrance!

Nous sommes quatre depuis le 19 septembre!

Depuis 5 semaines, nous réapprenons la vie avec un nouveau né.

Un nouveau caractère. Il semble volontaire. Ses cris sont des hurlements. Il sait ce qu’il veut. Mon deuxième.

Jonas.

Il aime

Mon fils aura 10 mois dans deux jours. Une amie me demandait par émail de lui décrire mon garçon… Alors je lui ai répondu…

Il aime…le sable, se baigner dans la mer ou dans la piscine avec nous, le savonnage dans le lavabo prébain, jouer avec des jouets qui font de la musique, les traîner par terre, tourner les pages des livres, les arracher si l’occasion se présente, marcher à quatre pattes, se lever en s’accrochant aux meubles, danser dans nos bras sur Henri Dès, ouvrir et fermer les placards (grr toujours cette désagréable impression que ces doigts vont se coincer quelque part), les gens, particulièrement les blondes qui lui font des grands sourires (je suis brune moi), la viande (boeuf, agneau, veau, poulet miam miam), les brocolis qu’il peut prendre dans ses doigts et sucer, l’avocat, les galettes de riz, les réveils TRES matinaux ( suis pas sure qu’il aime mais c’est tellement régulier…), les miroirs, regarder par la fenêtre debout tenu par papa ou maman, la boîte du fil dentaire, sa maman, son papa, sa grand-maman, le chien et le chat des grands parents :-)…

Il aime pas…être changé (c’est ennuyeux cette position), le bain (rester assis? connait pas), quand il doit dire au revoir à sa grand maman, les épinards, être contrarié / arrêté dans une activité plaisante…

Mon Sacha

Australie, la suite

La grossesse et l’arrivée de Sacha nous ont finalement permis de mettre en place ce dont nous parlons depuis tellement d’années: quitter Zurich pour Sydney.

Nos billets d’avion aller simple sont en septembre. Sacha aura un peu plus de quatre mois. Il a la nationalité australienne depuis juillet. Il est prêt.

Nous… On se prépare. Nous quittons notre appartement le 31 août et quittons la Suisse mi septembre. On a deux semaines pour dire au revoir, aux amis et à ma famille.

Nos affaires restent trois mois en vadrouille. Nous emménageons dans notre appartement en Australie le 1er décembre. Entre temps… chez les beaux-parents…

Nous arrivons pour le printemps à Sydney. Une nouvelle vie nous attend… Un nouveau départ!

Pierrot

Sacha a eu 3 mois hier.

La journée, il aime dormir dans le porte bébé. Pour l’endormir, je le promène en lui chantant des chansons… de Renaud.

Je choisis des chansons aux mélodies douces. Il y a Les charognards, La pêche à la ligne, Adieu minette et Chanson pour Pierrot.

Même si son attente n’est pas la même que la mienne, il y a attente et il y a des mots qui me touchent et qui, quand je les chante à mon fils, me nouent la gorge et font monter les larmes:

Depuis l’ temps que j’ te rêve,
Depuis l’ temps que j’ t’invente,
De pas te voir j’en crève
Et j’ te sens dans mon ventre.

Qu’ tu sois fils de princesse,
Ou qu’ tu sois fils de rien,
Tu s’ras fils de tendresse,
Tu s’ras pas pas orphelin.

Accouchement

Je ne m’y étais pas vraiment préparée… Mon amoureux et moi, nous avons fait les cours de préparation, et moi des cours de yoga pour femmes enceintes mais rien de plus.

Et voilà qu’arrive la 37ème semaine, on me dit que dès maintenant, il peut venir sans soucis pour sa santé. Je commence alors à boire du thé aux feuilles de framboisier et à marcher un peu plus, histoire de nous motiver, mon bébé et moi.

La 39ème semaine, je tente le thé au gingembre tous les jours et les marches.

La 40ème semaine, rendez-vous tout les 2-3 jours à l’hôpital pour s’assurer qu’il va bien. On commence à se renseigner sur un possible déclenchement.

La 41ème semaine, la médecin demande ce que nous voulons faire: on a dépassé le terme de 8 jours. Elle nous parle de la liste pour le déclenchement, on s’inquiète, on dit qu’on veut déclencher dès le lendemain. On doit alors téléphoner le lendemain (mardi) à 8h15 et l’infirmière nous dira si il y a de la place et quand on peut venir.

Mardi 30 avril

8h15: Il n’y a pas de place pour le moment. L’infirmière m’explique que non, mon déclenchement est souhaité et n’a pas de raison médicale, donc je ne suis pas prioritaire, elle me rappellera plus tard dans la journée si une place se fait. Elle me demande: « C’est bon comme ça?* et je lui dis non, on est reparti, elle réexplique le tout. On raccroche. Je suis déçue et inquiète. Elle me retéléphone à 11h, on peut venir à 14h30.

On mesure mes contractions et le coeur du bébé, j’ai une contraction (que je ne sens pas) toutes les 10 minutes. L’option facile (médicament dans le vagin) est écartée, on doit opter pour un déclenchement plus suivi, c’est à dire une perfusion avec une quantité d’hormones contrôlable et un ballon dans le vagin pour dilater mon col.

17h30. Opération ballon

20h30: Opération perfusion pour les 6 prochaines heures. Des contractions se font sentir mais c’est surmontable, mon amoureux me masse le bas du dos avec de l’huile et on s’en sort.

Mercredi 1er mai

2h30: On arrête la perfusion. On dort jusqu’à 6 h.

6h. Mesure des contractions et du coeur du bébé.

6h30: Nouvelle perfusion pour 6h

11h30: Je suis sur le lit, j’ai mal, les contractions sont fortes, il n’y a pas de sage femme, seulement mon monsieur et moi et je sens un liquide chaud couler le long de mes jambes, je me mets presque à pleurer, croyant que je n’ai pas pu me retenir et que j’ai fait pipi au lit… On appelle la sage femme.

Et j’ai perdu les eaux! On peut tirer le ballon car mon col est dilaté à 4 cm!

12h30: On arrête la perfusion. On regarde ce qui se passe pendant les 2 prochaines heures.

15h: La sage femme contrôle mon col, je suis dilatée à 5 cm. C’est bon! On considère dorénavant que je suis en phase d’accouchement et non plus de déclenchement! On peut discuter péridurale. Ouf!

Je reste sous perfusion pour s’assurer que les contractions continuent.

17h. L’anesthésiste me fait la péridurale.

Elle ne fonctionne pas. Les contractions sont très fortes, la sage femme me regarde me tordre sur le lit et essaye de voir où ça ne fonctionne pas: « froid?, froid?,  froid? ». Elle me dit que ce n’est pas normal, on rappelle l’anesthésiste. Il me rajoute des doses. Je ne sens plus rien. On continue à regarder l’état des contractions et le coeur du bébé.

19h30: La sage femme me vide la vessie, ça fait de la place, le bébé descend, son rythme cardiaque aussi, c’est la panique, je me retrouve tête en bas, un masque à oxygène sur la bouche … Et tout redevient normal. On me remet à l’horizontale. Pendant la prochaine heure, après chaque contraction (que j’ai beaucoup de peine à sentir), mon monsieur me fait respirer dans le masque pour oxygéner le bébé.

20h30: Le médecin assistant s’impatiente, le bébé est en stress, on ne peut pas continuer comme ça: « Le liquide amniotique est vert. On doit aider le bébé à sortir et donc utiliser la ventouse, je dois discuter avec le médecin chef, est-ce que vous êtes d’accord? » Dans ma tête, pendant quelques secondes, j’imagine le pire…

Et là, soudainement, il y a deux médecins assistants (dont une qui s’occupera de me découper et de sortir le bébé), deux sages femmes, un médecin chef, une pédiatre et ça y est, je dois pousser doucement, fort, doucement, fort… Je ne vois rien, heureusement. Mieux de ne pas voir tous ces instruments.

21h35, Et finalement il sort. Et il crie! Ils vont le contrôler… Le nouveau papa va avec.
Moi on me recoud.

Et ensuite, on me le met sur la poitrine. Je pleure. Il est là.

Nous sommes finalement trois.

Sacha

Sacha est né le 1er mai 2013.

Il est magnifique et a déjà révolutionné nos vies.

Merci