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Jonas

Au rendez-vous chez mon médecin 6 semaines après l’accouchement de Sacha, il m’a demandé si je voulais parler contraception. J’ai rigolé…

8 mois après, mes règles se font attendre, et attendre.

Seule, mon monsieur est en Europe pour le travail, je suis en Australie, je me décide à tester.

Je suis enceinte.

Bonheur. Panique.

Il se fait bien sentir, le ventre est plus gros… Il est bien présent.

En siège à 32 semaines, il se retourne de lui même… le temps d’une petite heure de contractions…

5 jours après le terme, mon petit se manifeste. De lui-même.

Je me réveille avec des douleurs de règle, je demande son programme au travail à mon monsieur au cas où.

Midi, Sacha vient de s’endormir pour la sieste. Les contractions commencent, douces. Je perds le bouchon muqueux. Mon amoureux rentre a 14h pour s’occuper de Sacha. A sa demande, j’apelle l’hopital. « Les contractions sont douces et irrégulières, rappelez quand elles sont fortes et régulières. »

19h. Je mets Sacha au lit. Les contractions sont encore irrégulières (entre 5, 7,10 minutes) mais très fortes. Je rapelle l’hopital. « tant que la douleur est gérable, restez à la maison. »

Mon monsieur apelle sa mère pour garder Sacha. Elle arrive vers 20h. Les contractions sont de plus en plus fortes, et toutes les 5 min. Je me mets à genoux pour chacune et mon amoureux me masse le bas du dos. Je rapelle la maternité, je veux venir maintenant, je ne veux pas accoucher dans la voiture! »

21h. Départ

21h20. Arrivée

Trajet difficile, trop de contractions. Suis pliée par terre.

21h30 environ. On a une chambre. Je vais aux toilettes, il y a du sang. La sage femme organise l’appareil pour mesurer le coeur du bébé. Tout se fait lentement.

Mon monsieur doit aller parquer la voiture, je ne veux pas être seule. Il y va en courant lorsque la sage femme me mesure la pression. Je demande à la sage femme de ne pas me laisser seule. Elle reste, m’aide à me relaxer 2 fois. Mon monsieur revient. Elle me dit de « let go ». J’ai mal. Il n’y a plus de pause! Pourquoi? « because you’re gonna have your baby. » « NO! » tout fait trop mal, ça me brûle en plus des contractions… je hurle, pousse la sage femme, bouffe le tuyau du gaz hilarant. Mon monsieur me tient pour que je me tombe pas. La sage femme me demande de l’écouter, elle et mon monsieur. J’essaye, je me calme, j’essaye de ne pas pousser tout le temps…Ca brûle! Ca fait horriblememt mal!

22h19. Il sort et hurle.

Délivrance!

Nous sommes quatre depuis le 19 septembre!

Depuis 5 semaines, nous réapprenons la vie avec un nouveau né.

Un nouveau caractère. Il semble volontaire. Ses cris sont des hurlements. Il sait ce qu’il veut. Mon deuxième.

Jonas.

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Attente

Le terme est passé de 8 jours.

J’ai appris la patience avec l’infertilité mais ça ne devient pas plus facile.

Depuis plus d’une semaine, mon acupuncture me fait des points pour provoquer tous les jours, rien. Je marche, je monte des escaliers, je bois du thé au gingembre, je mange du gingembre… rien… rien…

On doit déclencher au plus tard 10 jours après le terme. Mais comme mon bébé va bien, je ne suis pas dans les prioritaires, si on m’inscrit pour mercredi (terme plus 10), ce n’est pas sûr que ça se passe mercredi, ça peut se passer jeudi… Donc voilà, on a pris la décision aujourd’hui avec la médecin, demain matin, si les salles d’accouchement ne sont pas toutes prises, on déclenche, je dois téléphoner à 8h15 pour savoir à quelle heure je dois y aller…

C’était une décision difficile, le bébé se plaît et n’est donc peut-être pas prêt à sortir… Les accouchements par déclenchement seraient plus longs… plus douloureux… enfin c’est ce qu’on entend…. Mais il y a aussi des risques, le placenta se fait vieux, on ne contrôle pas le placenta, on contrôle les rythmes cardiaques et le liquide amniotique, et ce tous les 2-3 jours.

Donc voilà, je ne veux pas de risques, donc demain j’espère qu’on pourra se rendre à l’hôpital et accueillir notre bébé entre demain et mercredi….

Et je dois dire que je me réjouis.

32 semaines

On avance…

Après une nuit agitée mais sans la moindre trace de mouvements du bébé et une matinée au travail à essayer de le stimuler, je téléphone au médecin, assez inquiète. Et j’ai rendez-vous dans l’après midi…

Il nous montre les battements de son coeur, ses mouvements…

Tout va bien, son poids est estimé à 2 kg, toujours dans la moyenne positive.

Je respire à nouveau.

Merci.

PS. C’est aussi aujourd’hui, à midi, que mon amoureux me propose de lui donner comme deuxième prénom le prénom de mon père décédé (enfin une partie, c’est un prénom composé) … C’est beau non?

Got to let go

Le 25 mai 2012, je me retrouve avec mon amoureux à un concert de Charlotte Gainsbourg à Zurich.

Je suis fragile… Ce soir, mon amie avec qui j’ai perdu contact depuis son accouchement est sur Zurich pour un concert de reggae avec son monsieur et moi j’ai refusé le concert de reggae et je me retrouve au concert de Charlotte, un peu par hasard… J’avais pensé y aller mais je n’ai pris les billets que lorsque j’ai su que mon amie était présente dans notre ville et nous invitaient à venir avec eux au concert… Avec mon amie, on était très en froid pour des non dits, des frustrations, des manques de communication… enfin, à la base mon ventre éternellement vide…

Et c’est incroyable. Avec mon amoureux, on la regarde, on l’écoute. Elle est belle, elle est humble, elle parle, elle chante. Je suis conquise. Nous sommes conquis. Pour la première fois, j’entends « Got to let go » qu’elle chante en duo. Et cette chanson, tout de suite, me parle. Et je pleure.

En l’écoutant, je me suis laissée aller, je me suis laissée pleurer, tranquillement…

Et les choses, depuis, se sont arrangées. J’ai pris des distances réelles avec ma maman, plus d’un an après le décès de mon père, j’ai commencé à écrire sur mon blog, mon amie a fait un pas vers moi quelques jours avant que je tombe enceinte.

Et je suis tombée enceinte…

Les z’hommes

« Font leur pipi contre les murs,
Quelquefois mêm’ sur leurs chaussures,
Pisser debout ça les rassure,
Les z’hommes… »                 Henri Tachan                                        

Je rigole … Je les aime les hommes et nous on en aura un nouveau à la maison dans quelques mois !

Après 7 mois très pudiques, notre bébé a finalement décidé de se dévoiler….

Ralenti

Depuis quelques mois, toute ma vie se passe au ralenti. Après avoir compris que je n’ai pas le cours de ma vie en main (attente d’une grossesse pendant plus de 3 ans), je comprends que je ne maîtrise pas mon corps non plus.

Le premier trimestre s’est passé avec perte de poids due aux nausées et vomissements de grossesse et un apprentissage de la fatigue qui résulte de la grossesse et de ses petits inconvénients. Faire les choses lentement et moins.

Le deuxième trimestre m’a permis de me ressourcer pendant un mois. Ensuite départ pour l’autre hémisphère, grosse fatigue accompagnée d’un refroidissement et au cinquième mois, gastro pour 3 semaines, avec des jours qui se suivent à ne rien retenir dans mon estomac. Les promenades deviennent un effort physique, seul le canapé et une position assise les jambes étendues est le pur bonheur…Difficile retour en Suisse avec ce profond sentiment d’être lessivée et de ne rien pouvoir maîtriser, que ce soit les rendez-vous de travail ou la vie sociale, que le corps lui seul décide du cours de mes journées.

A la base, je suis assez dynamique, j’aime aller visiter mes amis dans des villes européennes, j’aime les vacances sac au dos, j’aime l’idée, d’avoir, en 6 mois, passé 3 semaines dans les Balkans et 3 semaines en Australie, j’aime le sport et les ballades. J’aime être active… Mais là mon énergie est toute à ce bébé qui grandit et j’apprends la tranquillité. Ne pas faire la vaisselle tout de suite après le repas, prendre le temps de digérer,  m’asseoir sur le canapé, lire, regarder des séries télé, me reposer, ne rien faire, faire la sieste, attendre…

Une autre façon d’appréhender la vie, plus tranquille . Et quelque part, je savoure aussi un peu cet apprentissage de la flegme.

Des mots

Il y a trois semaines, nous avons pu revoir notre bébé. Il bougeait bien, le médecin n’a pas pu certifier le sexe, il a des suspicions (nous aussi) mais rien de sûr. De toute façon, il/elle va bien.

La grossesse devient plus facile, moins d’inquiétudes malgré le fait que je ne le sente pas bouger…Mais enfin, il faut être patiente, c’est mon premier, et je peux devoir patienter jusqu’au cinquième, sixième mois.. Bref, les nausées, vomissements et maux de tête ont beaucoup diminué bien qu’ils se manifestent de temps à autres. Le ventre se voit. Il est de plus en plus facile de profiter.

Et, je ne sais pas si c’est le niveau d’hormones à un niveau toujours élevé ou le bonheur simplement mais tout paraît simple… Rien n’est vraiment pesant.

Bien que, bien sûr, il y a le rendez-vous avec notre bébé de la semaine prochaine, rendez-vous qui sont toujours inquiétants, tellement on les attend…Durant le mois de décembre, je me retrouve très souvent seule car mon amoureux a beaucoup de travail et se ballade effrontément entre l’Europe et l’Afrique. Il y a le fait que nous devons faire un petit aller-retour en Australie pour Noêl, hmhm deux fois 23 heures d’avion pour faire valider mon visa…On a opté pour un voyage au 5ème mois de grossesse au lieu de le faire avec un nourrisson d’un mois…Enfin en se rappelant bien que j’ai peur de l’avion. Depuis le vol NY – Zu, je suis l’as des crises de panique et dans le misérable retour de Macédoine il y a 3 mois, je me suis mise à pleurer pour cause de turbulences… Donc oui, on verra…

Oui! Après cinq mois d’attente, j’ai finalement reçu un visa permanent mi novembre que je dois faire valider avant juin 2013 en posant le pied sur le territoire australien…

Il y a beaucoup plus à écrire quand on lutte ou qu’on essaye d’être heureuse malgré un manque. L’écriture est précieuse dans ces moments-là. Je suis heureuse et de voir que j’arrive à doucement savourer et que j’ai finalement l’occasion de me trouver sur un nuage d’hormones et de bonheur constant.

Je pleure sur des mots, par exemple « en cloque » de Renaud. Il m’a bercé durant mon adolescence et encore maintenant j’aime l’écouter…Mais je ne ressens plus ce besoin de me vider. Ce petit bonheur finalement se passe de mots…